Alma Söderberg

« Le rythme me pousse constamment à faire des choses, à réaliser des travaux, des pièces, des morceaux, à me lancer dans la parole, le chant, le rap, la danse, les instruments. Ce n'est pas par choix : le rythme agit sur moi et je suis impuissante face à son action. (…) Au début de mes études de chorégraphie à Amsterdam, j'ai dû faire face à une crise. L'étude de la chorégraphie était plus proche du théâtre que de la danse, avec de la représentation plutôt que de l'expérience. Et j'étais justement perdue dans la représentation. Où était la musique, le groove ? C'est au bout de deux ans de confusion que j'ai créé un solo intitulé Entertainment. J'y chantais, dansais, parlais et employais la rime comme outil de connexion principal entre les trois. À la suite de ce solo, je suis parvenue à trouver ma voie dans mon travail. C'est ainsi que j'ai créé Cosas, A Talk, et Travail (trois travaux fondés sur la rime) et que je me suis mise à faire de la musique avec John the Houseband. Je laisse la musique s'insérer dans tout ce que j'entreprends, en cédant à son emprise. J'utilise désormais des boîtes à rythme, la voix et le corps pour m'y insérer ; sans retenue, je m'emploie à maintenir un flow, le groove est mon moteur. »

Rhythm drives me, constantly, to do things, to make works, pieces, songs, to engage with talking, singing, rapping, dancing, playing instruments. It is not a choice, rhythm works on me; I have no power over that. I started tap dancing in my room listening to Fred Astaire when I was seven, started learning raps by NAS, A Tribe Called Quest and De La Soul by heart at the age of 13 and went to Sevilla to dance flamenco when I was sixteen. As I started studying choreography in Amsterdam I had a crisis. The study was more closely connected with theatre than with dance, with representation rather than experience. I was lost in representation. Where was the Music, the Groove? I had two years of confusion until I made a solo called Entertainment. In it I sang, danced, talked and used rhythm as my main tool to connect the three. I sang a Gershwin song: Let’s Face the Music and Dance. After that solo I found my way into my own work. I made Cosas, A Talk, Travail (three works where the rhythm is the glue) and started playing music with John the Houseband. I let the music work on whatever it is I do. Not resisting the power it has over me. Now I use drum machines, voice and body to indulge in it, without holding back I dedicate myself to keeping a Flow, the Groove is what drives me.’