Sharon Lockhart est née à Norwood dans le Massachusetts, en 1964. L'artiste et réalisatrice américaine a étudié à l'Art Center College of Design de Pasadena et au San Francisco Art Institute. Elle vit et travaille à Los Angeles. Son travail a été montré dans divers expositions et festivals en Amérique, en Europe et au Japon et a reçu de nombreux prix. Lockhart a reçu des bourses de recherche de la Fondation Guggenheim et de la Fondation Rockefeller, ainsi que de l'Asian Cultural Council.

Jeudi 30 janvier, 13:30 - CINEMATEK
Teatro Amazonas, 1999
38’, 35mm, version originale, sans dialogue

Samedi 1er février, 20:00 - Bozar, Studio
Lunch Break, 2008
(Pause Déjeuner)
83’, couleur, version originale

Le film de Sharon Lockhart Teatro Amazonas a été tourné dans le Théâtre Amazonas à Manaus, au Brésil en juin 1999. Le film peut être considéré comme une interprétation littérale de l'idée d'une culture en regardant une autre. Dans le cas présent la culture que nous regardons est celle des habitants de Manaus. Lockhart a rempli les sièges de l'opéra vieux de cent-dix ans à mille cinq cents kilomètres de l'embouchure de l'Amazone avec un échantillon de la population indigène et européenne de la région et a filmé de la scène du théâtre ce public attentif. Filmé par une caméra fixe en une prise de vingt-neuf minutes non montée, le public écoute le concert de la “Choral do Amazonas”. La partition musicale, une composition chorale originale du compositeur californien Becky Allen, commence par une solide masse chorale qui, au fil des vingt-quatre minutes du concert, devient progressivement silencieuse. À mesure que le son du chœur diminue, le son qui émane du public augmente et remplit l'espace. En situant le film dans le théâtre Amazonas et en le peuplant avec un public représentatif de chaque quartier de Manaus, Lockhart rompt avec la pratique habituelle du documentaire ethnographique. Elle résiste à la tentation de faire jouer à ses acteurs les tâches de leur vie quotidienne. À la place, nous les voyons en train de se livrer à une activité d'observation relativement paisible. Lockhart libère le film de la rigidité des amarres de l'observation culturelle pour le laisser flotter dans un sens moins articulé, plus viscéral et ainsi plus filmique du temps et de l'espace.

Lockhart a passé une année à regarder la vie des ouvriers dans le chantier naval de Maine's Bath Iron Works. Lunch Break met en scène quarante-deux ouvriers à l'heure de la pause déjeuner dans un couloir qui s'étire quasiment sur toute la longueur du chantier naval. Contrairement au film précédent, la caméra n'est pas fixe. Alors qu'elle avance lentement dans le couloir, nous faisons une expérience de ce qui était un bref intervalle dans la journée de travail et qui ici se dilate dans un regard soutenu. Bordé de casiers, le couloir nous apparaît non seulement comme un nœud industriel mais également comme un nœud social – ses facettes contenant chacune une histoire d'expression de soi et de personnalisation. Pendant la durée de la pause déjeuner nous voyons les ouvriers se livrer à différentes activités – lire, dormir, parler – cela en plus de la prise de leur repas de midi. La bande son est une composition qui résulte d'une collaboration entre le compositeur Becky Allen et le réalisateur James Benning dans laquelle sons industriels, musique et voix s'entremêlent et fusionnent lentement. Ensemble, image et son nous livrent une méditation étendue sur un moment de répit dans le labeur productif.

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Sharon Lockhart was born in Norwood, Massachusetts, in 1964. The American artist and filmmaker studied at the Art Center College of Design in Pasadena, and at the San Francisco Art Institute. She lives and works in Los Angeles. Her work has been shown in numerous exhibitions and screenings in America, Europe and in Japan and has won many awards. Lockhart is the recipient of fellowships from the Guggenheim Foundation, the Rockefeller Foundation and the Asian Cultural Council.

January 30th, Thursday, 13:30 - CINEMATEK
Teatro Amazonas, 1999
38’, 35mm, original language version, without dialogue

February 1st, Saturday, 20:00 - Bozar, Studio
Lunch Break, 2008
83’, color, original language version

Sharon Lockhart’s film Teatro Amazonas was shot in the Teatro Amazonas in Manaus, Brazil, in June of 1999. The film might be considered a literal interpretation of the idea of one culture looking at another. In this case the culture we are looking at is that of the inhabitants of the city of Manaus. Lockhart filled the seats of the one-hundred and ten-year-old opera house, one thousand miles from the mouth of the Amazon, with a cross-section of the region’s indigenous and European population and filmed them, an attentive audience, from the theater’s stage. Photographed from a stationary camera position in one unedited twenty-nine minute take, the audience listens to a live performance by the 'Choral do Amazonas’. The musical score, an original choral composition written by the Californian composer Becky Allen, begins with a solid chordal mass which gradually becomes silent over twenty-four minutes. As the sound of the choir diminishes, the audience sound rises and fills the space. By locating the film in the Teatro Amazonas and populating it with an audience that is representative of each barrio in the city of Manaus, Lockhart dispenses with the standard practice of ethnographic documentary. She resists the temptation to have her cast perform their tasks of daily life, finding them instead engaged in the relatively leisurely activity of observing. Lockhart frees the film from the strict moorings of cultural observation and allows it to float into a less articulate, more visceral and thus more filmic sense of time and space.

Lockhart spent one year looking at the lives of workers in Maine's Bath Iron Works. Lunch Break features 42 workers as they take their midday break in a corridor stretching nearly the entire shipyard. Contrary to her previous films, the camera is untethered and, as it slowly moves down the corridor, we experience what was a brief interval in the workday schedule expanded into a sustained gaze. Lined with lockers, the hallway seems not only an industrial nexus but also a social one, its surfaces containing a history of self-expression and customization. Over the course of the lunch break we see workers engaged in a wide range of activities – reading, sleeping, talking – in addition to actually eating their midday meal. The soundtrack is a composition designed in collaboration with composer Becky Allen and filmmaker James Benning, in which industrial sounds, music, and voices slowly merge and intertwine. Together, picture and sound provide an extended meditation on a moment of respite from productive labor.