Bahman Kiarostami (né à Téhéran en 1978) vit et travaille à Téhéran. Ses films documentaires portent sur le pouvoir politique de la foi dans la culture contemporaine iranienne et explore de manière éloquente l'importance de la religion et ses strates complexes dans la très controversée société iranienne. Bahman a reçu le prix du meilleur réalisateur au Festival du film du Moyen Orient en 2003. Il a récemment obtenu le prix du meilleur documentaire au Festival du Film iranien de Londres (2011) et son documentaire Shiraz – qui fait partie de la série Taste of Iran – a été élu meilleur documentaire de l'année par les spectateurs de BBC World News.

Jeudi 30 janvier, 13:30 – Bozar, Studio
Statues of Tehran, 2008
60’, Farsi, version sous-titrée en anglais
Re-enactment, 2006
52’, Farsi, version sous-titrée en anglais
Introduction par Bahman Kiarostami (en anglais avec traduction en français)

Jeudi 30 janvier, 16:00 – Bozar, Studio
Statues of Tehran, 2008
60’, Farsi, version sous-titrée en anglais
Re-enactment, 2006
52’, Farsi, version sous-titrée en anglais
Introduction par Bahman Kiarostami (en anglais avec traduction en français)

Jeudi 30 janvier, 18:00 – Bozar, Studio
Conversation entre Catherine David et Bahman Kiarostami (en anglais avec traduction en français)

Statues of Tehran

En substance, Statues of Tehran interroge la fonction des monuments dans le Téhéran d'aujourd'hui, une mégalopole postmoderne ravagée par l'idéologie et souffrant d'une perte de la mémoire. Le film retrace le destin de deux importantes sculptures publiques : la première, une œuvre pionnière commandée par la famille royale dans les années soixante-dix, du sculpteur moderne alors très en vue Bahnam Mohassess ; la seconde, un hommage à la révolution islamique d'Iraj Eskandari qui se trouve Place Enghelab (Place de la Révolution). Sous l'égide de la révolution, la première était destinée à l'abandon avant de finir dans un entrepôt, alors que la seconde devint un point de repère dans la myriade de projets publics célébrant la révolution et la guerre Iran-Iraq. Pas pour longtemps. De fait, il semble que des plans visant à enlever ce second monument ont été lancés pour construire une station de métro, à la grande joie des artistes et officiels, qui ont même eu l'inspiration de restaurer l'œuvre de Bahman Mohassess et de l'ériger à nouveau sur son lieu d'origine.

Re-enactment
Chaque année, pendant le mois sacré de Mouharram, des marchands, des conducteurs de camion et des vendeurs de tapis revêtent des costumes pour reconstituer la mort de l'Imam Hussein, petit-fils du prophète. Ce film apporte un regard nouveau sur cette forme théâtre de reconstitution, ou re-enactment. Débarrassé de toute forme de scène ou d'accessoires, cet événement attire des acteurs et des musiciens de tout le pays pour jouer devant un écran blanc. Cette pratique plonge à la fois dans le confort et l'inconfort : le fait d'enlever ce qui relève essentiellement du rituel théâtral et de son dispositif traditionnel perturbe les acteurs, alors que dans un même temps, ils se délectent sous les feux des projecteurs de cinéma. Les scènes de studio alternent avec la vie quotidienne des interprètes. À travers l'objectif de ce théâtre unique, le film examine la société iranienne, le deuil collectif ainsi que la stratification complexe de la représentation religieuse.

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Bahman Kiarostami (born in Tehran,1978. Lives and works in Tehran) started working as an assistant director in 1996. His documentary films have focused on the political power of faith inside contemporary Iranian culture and eloquently explore the complex layers of religious significance in the Iranian controversial society. Bahman was the recipient of Best Director Award at Mid East Film Festival (2003). He was recently the winner of Best Documentary at the London Iranian Film Festival (2011) and his documentary Shiraz as part of ‘Taste of Iran series’ was voted as Best Documentary of the year by the viewers of BBC World news.

January 30th, Thursday, 13:30 – Bozar, Studio
Statues of Tehran, 2008
60’, Farsi with English Subtitles
Re-enactment, 2006
52’, Farsi with English Subtitles
Introduction by Bahman Kiarostami (English, with French translation)

January 30th, Thursday, 16:00 – Bozar, Studio
Statues of Tehran, 2008
60’, Farsi with English Subtitles
Re-enactment, 2006
52’, Farsi with English Subtitles
Introduction by Bahman Kiarostami (English, with French translation)

January 30th, Thursday, 18:00 – Bozar, Studio
Catherine David and Bahman Kiarostami in conversation (English, with French translation)

Statues of Tehran
In essence, Statues of Tehran interrogates the function of monuments in today’s Tehran, an ideology-ridden postmodern megalopolis, afflicted with forgetfulness. It tracks the fate of two important public sculptures, the first, a pioneering work commissioned by the royal family in the 1970s, of then foremost modern sculptor Bahman Mohassess; the second a tribute to the Islamic Revolution standing in Enghelab Circus (Revolution Roundabout), by Iraj Esskandari. Under the aegis of the revolution, the first was destined for neglect and eventually storage, while the second became a landmark in the city’s myriad public projects celebrating the revolution and the Iran-Iraq War. Not for long, it would seem are plans have been setin motion to remove that second monument to build a subway station,much to the jubilation of artists and officials, who are even inspired to restore the Bahman Mohassess work and re-erect it in its originalplace.

Re-enactment
Every year during the holy month of Muharram, ordinary merchants, truckdrivers and carpet salesmen don costumes to reenact the death of Imam Hossein, the grandson of the prophet. This film takes a fresh look at this theatre,or reenactment. Stripping away the stage and props,it brings actors and musicians from all over thecountry to Tehran, to perform against a white screen. This process is at once discomforting and reassuring: the removal of what is essentially a theatrical ritual from its traditional setting unnerves the actors,while at the same time they bask in the limelight of a film. Scenes from the recording studio areinterspersed with the daily lives of the performers.Through the lens of this unique theatre the film examines Iranian society, communal mourning and the complex layering of religious representation.