Valérie Pihet

Fabulation Dingdingdong

La maladie de Huntington est une maladie incurable, dite «neurodégénérative», qui touche l’adulte jeune (entre 30 et 50 ans), lequel perd progressivement ses moyens cognitifs et moteurs (chorée incompressible), jusqu’à en mourir dans les formes les plus avancées.
C’est à ce jour l’une des seules maladies génétiques où il est possible de passer un test pour savoir si l’on en porte le gène. Du fait de ses caractéristiques génétiques particulières, se savoir porteur c’est apprendre avec certitude que l’on développera la maladie dans les prochaines années. Comment faire d’une prédiction médicale absolument tragique, vis à vis d’une maladie pour laquelle il n’existe à ce jour aucun traitement, autre chose qu’un devenir désespérant ? En inventant une voie totalement inédite, qui articule les moyens de l’art et de la littérature aux données actuelles de la médecine et à la philosophie afin d’initier une méthode pragmatique et spéculative qui puisse changer les manières actuelles de faire face à cette situation. Voilà le pari de Dingdingdong.

Valérie Pihet. Historienne de formation, elle a d’abord travaillé avec l’artiste Pierre Huyghe avant de collaborer avec Bruno Latour depuis 2002. Elle a notamment assuré la coordination des expositions Iconoclash et Making Things Public, ainsi que la création et le développement du médialab de Sciences Po, laboratoire de ressources numériques. En 2010, elle a fondé avec Bruno Latour le programme Expérimentation Arts et politique à Sciences Po qu’elle continue de diriger aujourd’hui. Elle est co-présidente de Dingdingdong.