Les Spectacles du séminaire annuel de l'erg NARRATION SPÉCULATIVE

13 MARS à 19h00

-Yoxo-

Lecture filée

L'histoire se déroule en 1919. Sandor Ferenczi vient rendre visite à Sigmund Freud, à Vienne.
En passant à l'hôpital militaire, il rencontre un patient africain, tirailleur sénégalais, mutique,
manifestement victime d'une névrose de guerre. Ferenczi convainc Freud de recevoir cet
africain chez lui pour vérifier sur un "primitif" la validité universelle des grands concepts
psychanalytiques comme le complexe d’OEdipe. Freud se laisse convaincre et c'est ainsi que
commence une étrange aventure au terme de laquelle Freud va faire un choix qui oblitèrera
l'avenir de la psychanalyse.

Une commande du Master Narration Spéculative

Adaptation de la pièce ''La damnation de Freud" d'Isabelle Stengers, Tobie Nathan, Lucien
Hounkpatin

Mise en scène et vidéo : Julie Rouanne
En collaboration avec Isabelle Stengers

Merci à Anne Collod pour son regard

Avec Selma Muzet Herrström, Camille Pier, Julie Rouanne, Jonathan Boutefeu, Jiacinto Branducci,
Tidiane Seck Cheikh, Kevens Prévaris

Installation vidéo : Loic Carrera, Julie Rouanne

Durée : 1h30

______________________________

14 MARS à 21h00

Mélodrame

Mélodrame est un solo de performance-documentaire dans lequel Eszter Salamon ré-active les entretiens qu'elle a réalisés en 2006 et 2012 avec une femme vivant dans un petit village du sud de la Hongrie qui porte le même nom qu'elle. Ré-énonçant les paroles de son homonyme, elle incarne l'histoire de cette femme de 62 ans et revisite de mémoire ses gestes et ses intonations sur scène, offrant au spectateur la possibilité de faire l'expérience du cours d'une
vie dans la durée de la représentation. Le résultat est une méditation non seulement sur les possibilités de se glisser dans la peau d'un(e) autre, mais aussi sur l'importance avec laquelle espoirs et désirs excèdent les déterminations de classe, d'âge, de géographie et de religion.

Concept ; Interviews ; Interprétation : Eszter Salamon
Texte : Krimerné Dr. Eszter Salamon
Edition du Texte : Lindy Annis & Eszter Salamon
Assistante/ coach : Lindy Annis
Musique : Terre Thaemlitz
Bande son : Sabine Ercklentz & Eszter Salamon
Montage et mix son : Sabine Ercklentz
Graphiques : Angela Anderson
Traduction : Péter Komlósi
Direction technique : Andreas Harder
Organisation & Production : Alexandra Wellensiek/Botschaft

Remerciements à : Sasa Asentic, Bojana Cvejic, Sylvie Garot, Xavier Le Roy, Erzsébet
Salamon, Ferenc Salamon, Minze Tummescheit, Haus der Kulturen der Welt et Hebbel am Ufer,
Berlin

Avec le financement de : Hauptstadtkulturfonds

Coproduit par : Berlin Documentary Forum 2 (Berlin), far°- festival des arts vivants (Nyon), Next
Festival (Valenciennes)

Soutenu par : Le Kwatt et l'ONDA, Office national de diffusion artistique

Durée: 2h20

______________________________

15 MARS à 12h30

Ecran Somnambule

Un bloc compact au milieu de l'espace nu. Un visage, impassible et grimaçant. Une sculpture immobile, mais qui semble pourtant bouger, s'étirer, se contracter, tendre sa matière jusqu'à la limite d'elle-même. S'agit-il d'une apparition ? D'une reproduction ? D'un cas de possession ? D'un rêve ou d'une projection ? En choisissant de danser, aujourd'hui, au ralenti, la Danse de la sorcière de Mary Wigman, Latifa Laâbissi nous place en face d'un mirage, déréglant le statut de cet objet « historique » et brouillant les pistes d'interprétation. Pièce majeure de l'expressionnisme allemand, la Danse de la sorcière a laissé derrière elle une trace incomplète, qui continue de hanter l'inconscient de la danse à la manière d'un mauvais rêve : un film de 1 minute 40, datant de 1926, qui montre Mary Wigman au bord de la transe, les membres comme électrifiés, réagissant aux rythmes sourds des percussions. Cette esthétique du contraste, de la rupture abrupte, où le corps devient le traducteur d'états contradictoires, comment en restituer le potentiel perturbateur sans la momifier ?
Ne reproduisant que ce que montrent les images du film, Latifa Laâbissi se glisse dans le corps de la sorcière, et plonge la scène dans un état hypnotique où chaque mouvement dévoile sa lente construction. Opération proprement cinématographique - le ralenti dévoile une autre écriture à la surface du même : elle introduit une distance vis-à-vis de l'original tout en redonnant son relief, son état d'extrême tension à cette figure inquiétante. Incarnation d'un film ou reproduction d'un corps ? A la fois matériau et archive, sorcière et spectre, présence et médium, cette silhouette discordante produit une série d'écarts - aussi bien perceptifs qu'historiques - amenant à repenser le rapport de la danse à sa reproduction, à son histoire, à ses zones de refoulement. Écran somnambule : une surface de projection où viennent se déposer formes et références, monstres intérieurs et fragments de réel - dans un va-et-vient constant entre passé et présent, désenvoûtement et réactivation. / Gilles Amalvi

A partir du film Mary Wigman tanzt (1930), extrait La Danse de la sorcière, (Hexentanz, 1926)

Conception : Latifa Laâbissi
Conception costume : Nadia Lauro
Lumière : Yannick Fouassier
Création son : Olivier Renouf d'après l'interprétation instrumentale de Henri-Bertrand Lesguillier
(d'après la musique de H. Hasting et W. Goetze)

Durée : 32 min

______________________________

15 MARS à 21h00

La Part du rite

Quelle est La part du rite dans le rapport entre corps et discours articulé, art et transformation sociale ? À la fois conférence, performance, installation, cette pièce creuse le lien unissant chair et mots pour en révéler les zones de creux, de heurts, les résidus, les devenirs. Dans une tension constante entre manipulation, articulation et désarticulation, une chorégraphe et une théoricienne de la danse cherchent à brancher des idées sur des états, des figures sur des matériaux ; à explorer différents régimes esthétiques pour en questionner l'actualité. Comme des opératrices - parlées, remuées par plusieurs strates de mouvements, de références, Latifa Laâbissi et Isabelle Launay réveillent une histoire engourdie, la « bordent » pour mieux la faire déborder de son cours. Formant avec Écran somnambule un objet dialectique, reflétant les paradoxes des débuts de la modernité et l'invention d'un art chorégraphique simultanément « puissance magique et puissance critique », La part du rite secoue l'archive pour en réveiller les fantômes, et proposer un montage au présent.

Conception : Latifa Laâbissi
Interprétation : Latifa Laâbissi et Isabelle Launay
Dispositif scénographique : Nadia Lauro
Direction technique : Ludovic Rivière
Production : Figure Project

Coproduction : Centre national de danse contemporaine Angers, CCN de Franche-Comté à
Belfort, La Passerelle, scène nationale de Saint-Brieuc

Prêt de studio : Musée de la Danse / CCNRB (Rennes), La Ménagerie de Verre dans le cadre
des Studiolab

Création à la Passerelle, Scène Nationale de Saint-Brieuc, dans le cadre du Festival 360°
Vendredi 30 mars 2012

Durée : 40 min

Entrée libre sur réservation : reservation@halles.be | T 02 218 21 07