Emilie Hermant

Fabulation Dingdingdong

La maladie de Huntington est une maladie incurable, dite «neurodégénérative», qui touche l’adulte jeune (entre 30 et 50 ans), lequel perd progressivement ses moyens cognitifs et moteurs (chorée incompressible), jusqu’à en mourir dans les formes les plus avancées.
C’est à ce jour l’une des seules maladies génétiques où il est possible de passer un test pour savoir si l’on en porte le gène. Du fait de ses caractéristiques génétiques particulières, se savoir porteur c’est apprendre avec certitude que l’on développera la maladie dans les prochaines années. Comment faire d’une prédiction médicale absolument tragique, vis à vis d’une maladie pour laquelle il n’existe à ce jour aucun traitement, autre chose qu’un devenir désespérant ? En inventant une voie totalement inédite, qui articule les moyens de l’art et de la littérature aux données actuelles de la médecine et à la philosophie afin d’initier une méthode pragmatique et spéculative qui puisse changer les manières actuelles de faire face à cette situation. Voilà le pari de Dingdingdong.

Emilie Hermant : Ecrivain, psychologue clinicienne et parfois photographe. Elle a travaillé avec Bruno Latour au Centre de Sociologie de l’Innovation de l’Ecole des Mines de Paris, avec lequel elle a réalisé le livre de sociologie photographique Paris Ville Invisible (Les Empêcheurs de penser en rond, 1999), avant de rejoindre l’équipe de Tobie Nathan au Centre Georges Devereux (centre d’aide psychologique, Université de Paris 8) pendant près de quinze ans. Elle est l’auteur d’un essai de psychologie, Clinique de l’infortune — la psychothérapie à l’épreuve de la détresse sociale (Les Empêcheurs de penser en rond, 2004) et de quatre romans dont deux publiés : Réveiller l’aurore (Le Seuil, 2009) et Pas moi (Lanceur, 2010). Elle est présidente de Dingdingdong.